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La journée internationale des aînés et le vieillissement de la population

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Une journée pour nos aînés

Dans le contexte du vieillissement de la population, c’est un euphémisme que de dire que tout a changé! Depuis 6 mois maintenant, nous vivons dans un monde différent, distancié et masqué. Qui aurait cru que l’année 2020 laisserait d’aussi mauvais souvenirs. Pensons aux familles qui ont dû « subir » le décès d’une personne proche sans pouvoir l’accompagner. Un deuil très difficile à faire. Le premier octobre est la journée internationale des ainés. Comment, dans le contexte actuel, reconnaître l’apport de nos aînés à l’évolution des communautés et aussi, comment les remercier? Par une réelle politique de maintien à domicile.

Une nouvelle composition démographique

(Source : ONU)

« La composition démographique de la population mondiale a considérablement changé au cours des dernières décennies. Entre 1950 et 2010, l’espérance de vie à l’échelle mondiale est passée de 46 à 68 ans et devrait passer à 81 ans d’ici à la fin du siècle. En 2018, pour la première fois dans l’histoire, les personnes âgées de 65 ans ou plus étaient plus nombreuses que les enfants de moins de cinq ans dans le monde. Le nombre de personnes âgées de 80 ans ou plus devrait tripler, passant de 143 millions en 2019 à 426 millions en 2050.

À l’heure actuelle, parmi les personnes âgées de 60 ans et plus, le nombre de femmes a dépassé de 66 millions celui des hommes. Parmi les personnes âgées de 80 ans et plus, les femmes sont presque deux fois plus nombreuses que les hommes et parmi les centenaires, les femmes sont quatre à cinq fois plus nombreuses que les hommes.

En 2050, 2 milliards de personnes, soit plus de 20% de la population mondiale, auront 60 ans ou plus. L’augmentation du nombre de personnes âgées sera la plus forte et la plus rapide du monde en développement, l’Asie étant la région comptant le plus grand nombre de personnes âgées et l’Afrique celle avec la croissance proportionnelle la plus importante. Dans cet esprit, il est nécessaire d’apporter une attention accrue aux besoins particuliers et aux défis auxquels sont confrontées de nombreuses personnes âgées. »

Le vieillissement au Québec

 

Au Québec, le vieillissement de la population se poursuit rapidement. Selon l’institut de la statistique du Québec, « Le nombre de personnes de 65 ans et plus devrait surpasser celui des jeunes de moins de 20 ans dès 2022. » Le poids démographique des ainés a tendance à se diriger vers un taux de 25% tandis que celui des jeunes diminue à 20%. Cela aura des répercussions sur beaucoup de secteurs notamment sur les services de santé offerts aux ainés. Dans 10 ans c’est plus de 2 200 000 personnes qui auront 65 ans et plus.

Plusieurs entrepreneurs, gestionnaires de résidences pour retraités, construisent des complexes d’habitation généralement assez luxueux. Qu’en est-il des personnes qui n’auront pas les moyens d’aller vers ces ressources ou ceux et celles qui voudront demeurer à la maison? Il faut aussi souligner que plusieurs petites et moyennes résidences ont fermé dans les dernières années. Des ressources perdues qui auraient peut-être pu survivre avec un soutien accru notamment par des services de maintien à domicile.

Repenser les services aux aînés

 

La pandémie a mis en lumière des lacunes des services aux ainés particulièrement les personnes qui ont des besoins importants et réguliers de soins. La vétusté des installations, les coupes budgétaires successives depuis 10 voire 20 ans, le manque de personnel, le faible taux d’encadrement des ressources en sont les principales en sont quelques exemples. On nous parle des maisons des ainés qui sont à construire et de l’arrivée récente des nouveaux préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD.  C’est bien, mais est-ce suffisant !?

Aujourd’hui, l’accent et l’argent sont mis sur des ressources d’hébergement. Le maintien à domicile ne semble pas faire partie de la vision du gouvernement actuel! Pourtant une vraie politique de maintien à domicile permettrait d’élaborer une stratégie efficace de prévention de l’hébergement.  Voici quelques suggestions :

  • Avoir une approche fiscale simplifiée tout en assurant un crédit d’impôt pour ainés modulé selon les revenus.
  • Favoriser l’accessibilité du chèque emploi-service et permettre ainsi aux personnes de recourir aux prestataires de service de leur choix;
  • Reconnaître le rôle essentiel des aidants naturels par des mesures fiscales, des services de répit, de la formation et du soutien;
  • Développer à partir des CLSC des équipes multidisciplinaires vouées au maintien à domicile avec une approche populationnelle territoriale;
  • Développer des programmes de prévention afin de diminuer le recours aux ressources institutionnelles (programme d’exercice, la nutrition, la prévention des chutes, etc.)
  • Impliquer les organismes à but non lucratif liés à une maladie (Parkinson, sclérose en plaques, Alzheimer, Cancer, etc.) dans des services concrets aux personnes atteintes et aux proches aidants;
  • Faciliter l’accès au Programme d’adaptation de domicile de la Société d’Habitation du Québec;
  • Développer le concept de maison-répit des aînés pour de courts séjours.

Certains diront à juste titre que les dépenses en santé représentent déjà près de 50% des dépenses gouvernementales et qu’une stratégie de maintien à domicile va provoquer une augmentation substantielle des dépenses. L’organisation des services actuels, sans changement, génère aussi une augmentation des dépenses. Pensons uniquement aux coûts de système, Il faut donc penser à redistribuer les ressources humaines et financières pour diminuer les besoins en hébergement et augmenter les services à domicile. Évidemment, cela peut paraître très pour ne pas dire trop simple. Mais avons-nous collectivement le choix? Le coût des services actuels, particulièrement les services d’hébergement n’iront pas en diminuant, au contraire!

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En cette journée internationale des aînés, souhaitons-nous collectivement une remise en question en profondeur des services aux aînés dont le maintien à domicile serait la pierre angulaire.