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La prévention des chutes chez les personnes âgées

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prévention des chutes

Les chutes chez les personnes âgées sont le résultat de différents facteurs de risque : la diminution des forces et des habiletés de la personne, sa propre témérité et certains dangers existants dans son milieu de vie.

Les principales causes de chute chez les personnes âgées

Certaines données démontrent que le tiers des personnes de 65 ans et plus ont déjà chuté. C’est beaucoup et malheureusement, une chute avec blessure est un facteur important et déterminant qui limite le maintien à domicile. Il faut donc prendre les moyens pour les éviter ! Voici quelques conseils :

Diminution des forces et habiletés de la personne âgée

Malheureusement, avec le temps les forces et habiletés (réflexes naturels, la dextérité, rapidité des mouvements) des personnes âgées vont diminuer. C’est une des premières causes des chutes. La perte de force musculaire dans les jambes et les bras, des problèmes de vision, notamment dans un environnement plus sombre et la prise de plusieurs médicaments sont des exemples qui font que la personne peut chuter même lors de mouvements ou de déplacements habituels et routiniers.

La témérité de la personne en perte d’autonomie

Une deuxième cause est souvent le comportement adopté par la personne âgée elle-même. Une certaine témérité, une réaction impulsive, se déplacer trop rapidement, un sentiment d’urgence devant une situation banale comme la sonnerie du téléphone, sont des exemples de comportements où la personne fait fi du danger et prend des risques inconsidérés. « Je l’ai toujours fait » ou « j’en suis encore capable » sont des attitudes qui augmentent considérablement le risque de chutes. C’est difficile à prévenir, il faut aborder le sujet directement avec la personne et chercher à la rendre consciente de l’importance d’adopter des comportements empreints de prudence. Une partie de la solution consiste à sécuriser le milieu de vie.

Ainsi, si la personne réagit trop rapidement ou impulsivement à un stimulus quelconque et si on a pris soin d’enlever les obstacles, la probabilité de faire une chute est grandement diminuée.

Le milieu de vie inadéquat de la personne âgée

Une troisième cause se trouve dans le milieu de vie de la personne âgée en perte d’autonomie. La maison regorge de pièges qui augmentent les risques de chutes. La salle de bain est le premier endroit à repenser. Il faut éliminer les planchers glissants, installer des barres de soutien, utiliser un siège de douche, installer un cabinet de toilette plus haut, enlever les tapis de sorties de douche trop mous, éviter de prendre des bains, mettre le pommeau de douche téléphone à portée de la main, s’assurer que la personne ait accès facilement sans se pencher ou s’étirer aux différents produits et articles de toilette.

Le principe de libérer les zones de déambulation doit s’appliquer à toute la maison. Il faut faciliter les déplacements et non pas les éliminer. La personne doit bouger, maintenir ses activités pour conserver ses forces, notamment dans ses membres inférieurs, ainsi que sa dextérité. Plus la personne conserve sa capacité de bouger, plus elle sera en mesure d’éviter certains accidents. Il s’agit ici de prévenir les chutes en diminuant les obstacles, et ce, sans diminuer les déplacements eux-mêmes.

Comment prévenir les chutes

L’analyse des zones de déambulation de la personne âgée
Qu’est-ce qu’une zone de déambulation?

Chaque personne a développé des habitudes dans son milieu de vie, elle se déplace généralement selon des « chemins » réguliers. Ceux-ci doivent être libres d’obstacles pouvant entraver le déplacement. Par exemple, le chemin entre le lit et la salle de bain se doit d’être entièrement libéré et éclairé par des veilleuses. Il faut éviter les carpettes, les tables basses, les seuils de portes, les meubles (bibliothèques) le long des murs, etc. La personne âgée doit être en mesure de se déplacer librement, sans risquer de buter contre quelque chose qui lui ferait perdre l’équilibre. Des mains courantes doivent être installées pour fournir un appui stable à la personne.

Outre la salle de bain, l’autre endroit dangereux est l’escalier ! Il faut absolument que celui-ci dispose d’une rampe solide à la bonne hauteur sans espace vide. Les marches ne doivent pas être glissantes et au besoin, il faut y installer des bandes antidérapantes. L’escalier doit nécessairement être libre de tout obstacle ! Si possible, il est aussi souhaitable d’installer des mains courantes dans les corridors. Celles-ci doivent être bien fixées et idéalement être recourbées à leur extrémité. Il faut éviter qu’une pièce de vêtement ou une sangle d’un sac puisse s’insérer dans la main courante et entrainer un déséquilibre.

Des équipements pouvant aider à prévenir les chutes

La canne est sûrement l’équipement le plus répandu et le plus simple. Elle permet de disposer d’un troisième point d’appui, de maintenir son équilibre et ainsi de faciliter les déplacements. Elle permet aussi de faire face à de petits obstacles comme un trottoir ou quelques marches d’un escalier. Il est important de s’assurer de disposer d’une canne de la bonne longueur. Le sommet de la canne doit être à la hauteur du poignet d’une personne dont le bras est détendu le long de son corps. Au moment d’acheter une canne, il faut s’informer sur les bonnes pratiques à adopter pour optimiser son utilisation. Par exemple, la canne doit être tenue du côté le plus fort de la personne et avancer simultanément avec la jambe; pour monter un escalier, il faut commencer par la jambe opposée à la canne et pour descendre, à l’inverse il faut placer la canne sur la marche inférieure.

D’autres équipements, notamment une marchette ou un déambulateur peuvent assurer chez la personne âgée en perte d’autonomie le support nécessaire pour maintenir son équilibre. Un lit électrique à hauteur variable qui s’adapte à la grandeur de la personne peut faciliter les déplacements de la position couchée à la position assise puis debout.

Avant de faire des achats coûteux ou des transformations tout aussi onéreuses, il est fortement suggéré de consulter une personne spécialisée dans le maintien à domicile, un ergothérapeute ou s’adresser directement à un fabricant expérimenté qui offre des services de consultation.

Prévenir les chutes en gardant la forme

Idéalement, la personne âgée vivant dans son domicile doit chercher à se maintenir en bonne forme physique. Garder alertes et agiles les bras et les jambes, voire les renforcir, peut prévenir les chutes et les blessures subséquentes.

Le pédalier est un équipement peu coûteux qui permet de faire à la maison un exercice doux tout en demeurant assis.  Il s’installe aux pieds pour faire bouger les jambes et sur une table pour les bras.   Tonifier les jambes et les bras favorisent une meilleure circulation sanguine et constitue un excellent moyen de prévenir les chutes. Pour faciliter l’exercice, la tension est variable. Il existe plusieurs modèles dont certains avec un écran qui peut notamment vous informer sur le nombre de rotations, la durée de la séance, la dépense énergétique.

Certaines activités comme le tai-chi peuvent aider à améliorer son équilibre. Le programme PIED offert dans plusieurs endroits est aussi un moyen efficace pour prévenir les chutes.

Le Programme intégré d’équilibre dynamique (PIED) vise à prévenir les chutes et les fractures chez les aînés autonomes qui vivent dans la communauté et qui sont préoccupés par les chutes ou par leur équilibre. PIED a été conçu pour avoir l’intensité des interventions cliniques tout en étant accessible à un grand nombre d’aînés vivant à domicile. Toutefois, parce qu’il se donne en groupe et parce qu’il est plus intensif que les programmes habituels des centres communautaires, ce programme ne répond pas aux besoins de tous. Les aînés à l’équilibre trop précaire ou qui présentent des problèmes de santé pouvant être aggravés par des exercices intensifs devraient être orientés vers d’autres programmes plus adaptés à leur condition.

Il faut aussi éviter la dénutrition qui fait perdre ses forces ! Manger normalement permet de conserver ses forces et diminue les risques de chutes. Si faire la cuisine est difficile, il faut envisager des plats préparés soit par un proche ou s’en procurer à l’épicerie. Les personnes qui souffrent de dysphagie et qui ont de la difficulté à avaler peuvent envisager des aliments à texture modifiée qui sont de plus en plus disponibles, notamment chez Prophagia inc.

Finalement, si la personne âgée vivant à domicile est consciente de ses limites, adapte et sécurise son milieu de vie, conserve au mieux sa forme physique et utilise les équipements appropriés, elle diminuera considérablement le risque de chutes et de blessures.